Conte de sagesse
Résumé : Un conte plein d'humour sur la relativité du mouvement.
Par un jour de grande chaleur, Nasreddine décide de vendre des éventails sur le marché. Ses affaires se portent bien, lorsqu’il voit sortir du palais un magistrat réputé pour son extrême pingrerie.
– Combien coûtent tes éventails, Nasreddine ?
– Eh bien, cela dépend : ce joli modèle, qui irait très bien à un homme de ton importance, coûte 5 pièces d’argent.
– C’est trop cher ! Et celui-ci ?
– Celui-ci est moins élégant mais reste de très bonne qualité. Il coûte 3 pièces d’argent.
– C’est toujours trop cher ! N’as-tu pas un éventail à une pièce d’argent ?
Nasreddine gromelle, fouille dans son stock et brandit un éventail à l’aspect piteux :
– Tiens, celui-ci vaut une pièce d’argent.
Content de son achat, le magistrat s’éloigne de quelques pas… pour revenir furieux :
– Nasreddine ! Tu m’as volé ! Ton éventail est déjà brisé !
– Comment t’en es-tu servi, ô magistrat ?
– Et bien comme on se sert d’un éventail, en le secouant devant mon visage !
– Ah non, ô magistrat, c’est ainsi qu’on se sert d’un éventail à 5 pièces ou même à 3 pièces d’argent. Mais voilà comment on se sert d’un éventail à une pièce d’argent :
Et tenant son éventail immobile devant son visage, il secoue vivement la tête.